Genèse
Nous avons alors proposé à toutes celles et ceux qui le souhaitaient de participer à une réflexion collective. Plusieurs groupes de travail se sont spontanément constitués. Chacun a apporté ses idées, son expérience, son énergie et ses compétences. Ensemble, nous avons imaginé ce que pourrait être une association professionnelle au service des thanadoulas francophones.
Peu à peu, les contours du projet se sont dessinés. Les statuts ont été rédigés, discutés, enrichis puis validés collectivement. À ce moment-là, nous avons compris que nous étions en train de construire quelque chose qui dépassait largement le cadre du séminaire.
Huit membres fondateurs ont alors uni leurs forces pour donner naissance à l'Association Professionnelle Francophone des Thanadoulas.
Aujourd'hui, l'APFT œuvre au rayonnement du métier de thanadoula dans l'ensemble de la francophonie. Elle favorise les échanges entre professionnels, soutient le développement des pratiques et contribue à faire connaître l'accompagnement de la fin de vie, du deuil et des grandes transitions de l'existence.
Pour ma part, je n'ai jamais eu le sentiment de créer cette aventure seule. J'ai simplement proposé un pique-nique.
Tout le reste est né des rencontres, des élans partagés et de l'engagement de nombreuses personnes qui ont cru, elles aussi, qu'il était possible de construire quelque chose ensemble.
Aujourd'hui, Lueurs Dorées laisse sa place à l'APFT. C'est un moment chargé d'émotion, un peu comme lorsque l'on voit son enfant prendre son envol. Il y a une forme de nostalgie, bien sûr, mais surtout une immense joie de voir cette graine devenir un arbre capable d'abriter toute une communauté.
Lorsque je regarde le chemin parcouru, je ressens beaucoup de gratitude et de fierté. Fierté des liens qui se sont créés, de cette dynamique collective qui continue de grandir, et de cette intuition toute simple qui, un jour, m'a poussée à proposer un pique-nique.
Comme quoi, il suffit parfois d'une idée lancée au détour d'une conversation pour faire naître une communauté.
Et je crois que notre histoire ne fait que commencer.
Parfois, les plus belles aventures naissent d'une idée toute simple.
Je m'appelle Nathalie et, en 2023, j'ai commencé ma formation de thanadoula à l'École Internationale Cybèle du Québec.
Dans cette école, chacun avance à son rythme. Une fois par mois, nous nous retrouvons en visioconférence autour de la directrice de la faculté de fin de vie. Ces rencontres sont bien plus que des temps d'enseignement : elles sont des espaces de partage, de réflexion et d'humanité où se croisent des étudiantes et étudiants de différents pays francophones.
Au fil des mois, certains visages me sont devenus familiers. Parmi eux, celui de Gwenaela, en Bretagne. Nous ne nous étions jamais rencontrées autrement qu'à travers un écran, mais une belle complicité s'est installée.
Un jour, je lui ai lancé une idée toute simple :
« Et si nous organisions un pique-nique pour rencontrer les étudiantes et les certifiés français ? »
Sa réponse m'a fait sourire. Elle m'a dit qu'elle ne traverserait pas la France pour un simple pique-nique. Elle avait raison.
Alors nous avons commencé à rêver un peu plus grand.
Puisque certains feraient plusieurs centaines de kilomètres, pourquoi ne pas imaginer un véritable week-end de rencontres, de partage et de découverte ? Peu à peu, le projet a pris forme. Nous avons réfléchi ensemble à ce que nous aimerions vivre, imaginé des ateliers, contacté des intervenants… Le pique-nique était devenu un séminaire.
Pour lui donner une existence officielle et pouvoir solliciter des partenaires ainsi que des subventions, nous avons créé l'association Lueurs Dorées.
Ce nom, nous l'avons choisi toutes les deux. J'ai toujours aimé la couleur dorée.
Quant aux « lueurs », elles évoquent pour moi ces petites lumières que nous pouvons offrir à celles et ceux que nous accompagnons. Pas une promesse d'espoir à tout prix, mais une présence discrète, chaleureuse, respectueuse de ce que chacun traverse.
Grâce à l'énergie de nombreuses personnes, à quelques subventions obtenues et au soutien de partenaires, notre projet est devenu réalité.
À Ploemel, en Bretagne, près d'Auray, une trentaine de personnes se sont retrouvées le temps d'un week-end : étudiantes, certifiés, professeurs et responsables.
Ce fut un moment d'une intensité incroyable.
Bien sûr, il y eut les ateliers, les échanges, notamment celui animé par Cynthia, notre directrice de la faculté de fin de vie. Il y eut aussi la cérémonie de clôture, particulièrement émouvante. Mais ce qui m'a le plus marquée, ce sont les rencontres. Nous avions enfin l'occasion de mettre des visages, des voix et des regards sur des personnes avec lesquelles nous cheminions depuis des mois.
Nous voulions rompre l'isolement, créer du lien, partager nos pratiques, apprendre les uns des autres. Je crois que nous avons vécu tout cela… et bien davantage.
Le plus beau est peut-être arrivé après.
Avant de nous quitter, nous avons créé un groupe WhatsApp pour garder le contact. Nous pensions qu'il servirait quelques semaines. Aujourd'hui encore, il est vivant. Les échanges continuent, les questions circulent, les joies comme les difficultés se partagent. Une véritable communauté était née.
Très rapidement, de nouvelles questions sont apparues.
Comment faire connaître le métier de thanadoula ? Comment le faire reconnaître ? Comment continuer à avancer ensemble plutôt que chacun dans son coin ?
Formation vérifiée. Continuité francophone. Présence incarnée.
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